Sarkozy a (encore) besoin de vacances

Après son exercice de «francé» hasardeux au cours de sa visite chez Alstom dans le Doubs, le président de la République s'est encore lâché à Bruxelles devant la presse étrangère en se vantant d'être le co-prince d'Andorre!

Nicolas Sarkozy, chez Alstom, à Ornans
par Mediapart

Est-ce la crise ? Nicolas Sarkozy semble avoir encore lâché les élastiques, succombant chaque jour un peu plus aux charmes de la médiocrité linguistique, convaincu sans doute par quelques andouilles prodigues en conseils en communication, que le parler peuple lui ramènera les suffrages de celui-ci. 

Cette semaine dans le Doubs, lors d’une rencontre avec les salariés d’Alstom, le président qui n’avait déjà pas la sympathie des puristes du verbe a encore franchi un cap, abusant plus que de raison du parler « popu ».
Tombant dans des abysses linguistiques qui en disent long sur ses capacités d’acteur ou sur l’étendue de son ignorance voire, plus inquiétant, sur l’état de fatigue de l’intéressé. Tenant son micro d'une main de rocker, Sarko a lâché quelques perles : « Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts… », « j’préfère qu’vous savez qu’vous soyez avec un actionnaire que vous connaissez ici…», « franchement moi ch’uis profondément européen mais ça me fait quand même bien plaisir que ce soit Alstom qui ramasse des marchés à la pelle plutôt que Siemens ou Mitsubishi » ou encore « On se demande c’est à quoi ça leur a servi ? ».

Peuple synonyme de médiocrité ?
S’en prenant à « ceux qu’ont fait des études », multipliant les prophéties obscures « comme y’aura l’allongement de la durée de la vie, y’aura de plus en plus de gens qui voudront partir faire des tours en croisière » ou les tirades métaphysiques dignes d’un Jean-Claude Van Damme en pleine forme : « l’écologie c’est pas qu’y est que des jardins et plus de boulot pour vos enfants et pour vous ». A sa décharge, Van Damme avait l’excuse de l’ignorance. 

Alors qu'à trop forcer sa nature –rappelons que Sarkozy a fait profession d’avocat et est né à Neuilly-, Sarko confond « peuple » et « médiocrité ». Un indice caractéristique de toute sa politique.(...)

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