20 juin 2009
Ségolène Royal se tient délibérément à l'écart des soubresauts du PS
Ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues depuis le premier tour de l'élection présidentielle, surtout chez les jeunes, les femmes et dans les quartiers populaires." Ce sera la seule pierre jetée par Ségolène Royal dans le jardin du Parti socialiste.
Commentant pour la première fois l'échec des élections européennes, l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, qui s'exprimait, lundi 15 juin, devant quelque 600 fidèles réunis à la mairie du 4e arrondissement de Paris, n'a pas voulu enfoncer le clou de la défaite. Ouvrant la troisième "université populaire participative" de son mouvement, Désirs d'avenir, consacrée à la crise économique, Mme Royal a surtout mis en exergue la faible participation au scrutin européen. "Cette abstention appelle un sursaut, une audace. Ce sont ceux qui souffrent le plus de la crise qui sont le moins allés voter", a-t-elle souligné. "Nous devons avoir l'audace d'espérer, le courage de reconstruire, la générosité pour changer de système", a-t-elle insisté dans une courte déclaration.
Officiellement réconciliée avec Martine Aubry depuis le meeting de Rezé, fin mai, et disposant depuis peu d'un statut officiel au sein du PS, qu'elle va représenter auprès de l'Internationale socialiste - elle en deviendra vice-présidente avant, peut-être, d'en guigner la présidence en 2010 -, Mme Royal se tient à l'écart des soubresauts que traverse son organisation. Décidée, selon son entourage à "prendre de la hauteur", elle assure privilégier "le travail sur le fond". D'où le volumineux programme de Désirs d'avenir qui, après avoir planché sur "la fraternité" et "l'après-crise", se penchera dans les prochains mois sur les valeurs de la gauche, l'éducation et la croissance verte.
D'où, aussi, la volonté de valoriser son bilan en matière sociale et environnementale à la présidence de la région Poitou-Charentes dans la perspective d'une réélection, en mars 2010, indispensable à la poursuite de ses ambitions nationales. Ce qui n'empêche pas Mme Royal d'observer de près le rééquilibrage engagé par Martine Aubry qui pourrait annoncer, mardi 16 juin, une réorganisation des instances dirigeantes afin de lancer la "refondation" du PS.
Délibérément non polémique dans ses prises de position, ce qui fut loin d'être toujours le cas au cours des derniers mois, l'ancienne candidate à la présidence de la République se pose en bonne élève du PS. Elle prend du champ en dialoguant avec des chercheurs et des intellectuels sur le nécessaire renouvellement de la pensée de la gauche - lundi, elle avait invité à débattre Jacques Attali ainsi que les économistes Jean-Paul Fitoussi et Philippe Aghion - et se dit prête à participer activement au réarmement idéologique de son parti. Cette posture, à l'écart des joutes postélectorales, est largement dictée par son isolement au sein du PS. La plupart des dirigeants qui, autour de Vincent Peillon et des grosses fédérations méridionales, l'avaient soutenue lors du congrès de Reims ont pris leurs distances. Ils négocient avec Martine Aubry et l'état-major du PS sans se considérer pour autant comme les représentants des intérêts de Ségolène Royal.
POSITION D'ATTENTE
L'ancienne candidate, qui assure désormais discuter "en direct" avec la première secrétaire, attend surtout de la direction du parti qu'elle accepte d'organiser des primaires ouvertes aux sympathisants pour désigner la personnalité qui tentera de battre Nicolas Sarkozy dans trois ans. Soucieuse de ne pas apparaître obnubilée par l'élection présidentielle, Mme Royal évite de se faire trop ouvertement l'apôtre de ce mode de désignation. Pour l'heure, elle préfère laisser les "quadras" monter au créneau. Quitte à leur abandonner le rôle d'agitateur d'idées ? "Ce serait embêtant s'il n'y avait qu'un ou deux quadragénaires en lice, mais, visiblement, tel n'est pas le cas", faisait remarquer l'avocat Jean-Pierre Mignard, proche de Mme Royal, en marge de la réunion de Désirs d'avenir. Une allusion à l'annonce, le jour même, de la candidature de Pierre Moscovici en cas de primaires socialistes. La veille, Manuel Valls avait fait de même.
En position d'attente, Mme Royal n'accorde pas pour autant un blanc-seing à la première secrétaire. "La volonté transformatrice, on en prend acte, mais il faudra que les choix soient faits dans les six mois", prévient M. Mignard.
30 mai 2009
Ségolène Royal et l'Europe
Extrait du discours de S. Royal à Rezé, le 28 Mai 2009
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"Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à
vous aussi ! V Hugo le 21/08/1849lors du congrès de la paix ....................... Le 17 juillet 1851, devant l'Assemblée législative, à l'occasion de la révision de la constitution, V. Hugo affirme la nécessité de fonder les États Unis d'Europe "l'idéal des grands philosophes, réalisé par un grand peuple". "Au
vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette
nation sera grande, ce qui ne l'empêchera pas d'être libre. Elle
sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de
l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une aînée. Elle
s'étonnera de la gloire des projectiles coniques, et elle aura
quelque peine à faire la différence entre un général d'armée
et un boucher ; la pourpre de l'un ne lui semblera pas très
distincte du rouge de l'autre. Une bataille entre italiens et
allemands, entre anglais et russes, entre prussiens et français,
lui apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre picards et
bourguignons. Elle considérera le gaspillage du sang humain comme
inutile. Elle n'éprouvera que médiocrement l'admiration d'un
gros chiffre d'hommes tués. Le haussement d'épaules que nous
avons devant l'inquisition, elle l'aura devant la guerre.
(....)
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"A vous les députés européens socialistes de saisir
toutes les occasions pour faire bouger les lignes et laisser
envahir d’espoir les travées du Parlement européen. Extrait du discours prononcé par Ségolène Royal le 27/05/2009 |
Merci à JNSPQD... sur Mediapart, pour avoir posé ce parallèle saisissant.
13 mai 2009
Christiane Taubira: "Pieds nus, mains déliées, au pas cadencé"
par Christiane Taubira 18/12/08 à 15:00
C’est le fleuron de la belle aventure européenne qui nous l’enseigne : la Terre est finie. Galilée nous avait déjà instruits de sa rondeur, quoi qu’il lui en ait coûté de bougonner dans sa barbe que « pourtant elle tourne ». L’expédition qui fut fatale à Magellan avait révélé un siècle plus tôt qu’elle était sphérique, mais l’Eglise veillait déjà sur les vérités bonnes à dire. Les poètes nous ont initiés à sa couleur, bleue comme une orange...
Par les mythologues nous savons que Gaïa est vivante, qu’elle
ressent les blessures et peut tonner d’un courroux exterminateur. Les
scientifiques ont percé bien des mystères, de la dérive des continents
à la fonte des neiges, même si El Niño, un tsunami ou un « très vieux
volcan que l’on croyait éteint » les prend encore au dépourvu. La mer
de Barentz a considérablement rétréci, les glaciers s’amenuisent, les
neiges éternelles ne sont plus que languettes léchant sans se
désaltérer les flancs du Kilimandjaro. Cela se voit à l’œil nu, à
certains endroits elle est bien sale. Ce n’est pas une illusion
d’optique, puisque je vous le disais, les satellites d’observation de
la Terre nous informent qu’elle a des contours, la Terre, que les eaux
s’abîment, les terres se craquèlent, et les bassins versants, en
recouvrant les frontières, rappellent que la géographie est plus
vieille que l’histoire. L’homme est venu après la Terre. Lui doit-il
pour autant dévotion ? L’Homme reste plus précieux que la terre. Mais
cet humanisme, nous le savons, a une faille intrinsèque, un péché
originel : en constituant l’homme en ‘règne souverain’, il l’a séparé
des autres êtres vivants et de la nature, a corrompu ses solidarités de
survie et ouvert la voie à un individualisme forcené ; il a établi des
hiérarchies perverses, entre l’homme et l’environnement, entre l’homme
et la femme, entre l’homme et l’autre corvéable, entre l’homme abstrait
aux privilèges concrets et les hommes, même ressemblants, même voisins,
même prochains, même frères, asservis aux droits du plus puissant. Il a
couvert des manœuvres permettant à une minuscule élite financière de
tirer créance sur le bien commun, de disposer envers et contre tous du
patrimoine de l’humanité, le broyer jusqu’au dernier jus, l’éreinter.
God is not the answer, le fondamentalisme écologique non plus. Celui-ci
a d’ailleurs péri corps et biens à la cadence où progressait la
connaissance de cette finitude produite par les engins spatiaux qui, en
éclaireurs paradoxaux, encombrent la stratosphère de leurs débris. Le
péril qu’infligent à la planète les abus humains n’est plus une
fantaisie surgie de l’esprit enfiévré de sympathiques énergumènes.
C’est un fait, que seule récuse l’arrière-garde des savants. Le temps
n’est plus seulement à la revendication d’un plan de sauvetage des
animaux avant la mise en eau d’un barrage hydroélectrique qui va
inonder des millions d’hectares de forêt primaire humide. Il n’est plus
à la seule dénonciation de la pèche industrielle à la baleine ou du
malmenage de la morue. Il n’est guère plus à l’admiration repue du
parcours titanesque des tortues luth pour pondre et des saumons pour
convoler. Le surplomb de la protection n’est pas plus fécond que le
face à face de la prédation. L’Europe qui, de ses fondations à son
organisation, en passant par ses vagabondages coloniaux dévastateurs,
ses conflagrations intestines impitoyables et ses guerres meurtrières
de voisinage, mêlant envolées sublimes et procédés sanglants ; l’Europe
qui s’est laborieusement redessinée elle-même, faisant de la géographie
une alliée de la politique ; l’Europe qui s’est dotée de règles
généreuses qu’elle prend la peine d’appliquer, en sanctionnant les
transgressions ; l’Europe qui doute et donc se ravive, cette Europe-là
semble en pole position pour inclure dans ses nouvelles utopies une
vision de l’homme doué de conscience, de mémoire, d’intuition et de
raison, arrimé à son milieu dans un rapport qui ne soit ni de
chimérique harmonie ni de stérile servitude. Qui peut, sur cette
vision, construire un discours politique plus subtil pour l’homme chez
lui sur terre ? Qui, sinon ces pionniers du pressentiment écologique,
vite, avant qu’ils ne sombrent dans une mélancolie bréhaigne de
vétérans desséchés.
Entendre ce que déclarent les autres cultures, comprendre ce que divulguent les autres pratiques, partager les savoirs, échanger les expériences, relier et lier les destins. Telle doit être la nouvelle injonction du monde au monde.
Christiane TAUBIRA
Députée de Guyane
(1)’Très vieux volcan que l’on croyait éteint’ : Jacques Brel, Ne me quitte pas
(2) ‘Règne souverain de l’homme sur la nature’ : Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale II
(3) ‘God is not the answer’: titre de Marvin Gaye
01 mai 2009
« Notre
plus grand et plus précieux capital est le capital humain...c'est la
liberté, c'est l'égalité mais aussi la fraternité. Trop souvent
oubliée, elle est pourtant la source même de notre capacité à vivre
ensemble...
Travaillons toujours mieux à une France forte et solidaire. Une France
qui marche et n'oublie aucun des siens sur le bord du chemin...
Pierre Beregovoy
Une jolie illustration:
Bande-Annonce Ce Jardin-là
par uscan
Merci, Syrthe, pour ce beau premier mai....
30 avril 2009
Cinq cerveaux et une shiva
Une photo énigmatique de Mme Sarkozy en nouvelle Shiva
C’est à croire que, par les temps qui courent, les stratèges de la publicité présidentielle aient jugé utile de faire connaître au monde que le président Sarkozy et son épouse sont toujours amoureux après un an de mariage. Le problème se poserait-il ? Ou faut-il donner au peuple un peu de rêve entre la crise économico-financière et cette grippe au nom changeant qui a soudain curieusement envahi les médias avec ses masques de prévention ?
Le Figaro.fr a publié une bien étrange photo du couple, mercredi 29 avril 2009, prise par E. Feferberg et diffusée par l’AFP. « Un moment de tendresse à Madrid, dit seulement la légende, dans les jardins du palais Royal, pour le couple présidentiel lors de sa visite officielle en Espagne. » Pourtant, quel moment divin !
La métonymie de la tendresse
Photographiés en plan américain, les amants s’étreignent dans un décor arboré et fleuri mais dont le flou crée une mise hors-contexte.
Le regard, en effet, ne doit pas être distrait par le décor qui entoure
les personnages. Seule l’étreinte des corps qui ressort dans un beau contraste
de couleurs avec ce vert paradis, doit retenir l’attention : lui tourne
le dos pour que son épaule et sa joue encadrent le visage de son
épouse. Il échappe surtout ainsi à une posture qui n’aurait rien eu de
présidentiel mais aurait peut-être frisé le ridicule.
En revanche, tête inclinée, yeux fermés et doux sourire aux lèvres,
l’amante est toute entière abandonnée à l’ivresse qui la transporte en
le pressant contre elle. Elle livre ainsi la métonymie attendue
de la tendresse qu’elle éprouve toujours pour son mari malgré le temps
qui passe, elle qu’on a dite si inconstante. Car c’est elle qui est à
la manoeuvre : ses mains sont bien à plat dans le dos de son mari pour
le retenir contre elle, tandis que lui paraît plus réticent à
l’effusion. On croirait même qu’il se défend contre l’assaut fougueux
de son amante : il ne la tient des mains qu’aux épaules quand elle lui
plaque ses mains doigts écartés dans le dos pour le serrer au plus
près.
Le leurre de l’information donnée déguisée en information extorquée
Comme il se doit, le leurre de l’information donnée déguisée en information extorquée
est employé pour faire croire à la fiabilité de la scène. Les deux
amants paraissent surpris dans un moment d’intimité loin de tout témoin
et surtout des caméras. Ils n’y prêtent en tout cas aucune attention.
Le décentrage des personnages sur la gauche tend à donner l’illusion
d’un instantané pris à la va-vite : le photographe n’aurait pas eu le
temps de cadrer la scène comme cela est possible quand les personnages
posent à loisir.
Il s’agit de donner l’impression d’une scène extorquée à leur insu et/ou contre leur gré,
donc plus fiable. Or, ne serait-il pas naïf de croire qu’un photographe
ait pu approcher le couple présidentiel sans y avoir été expressément
autorisé ? Le président Sarkozy est trop préoccupé par les images qu’il
autorise à livrer de lui-même. On est même tenté de supposer, vu sa
petite taille par rapport à son épouse, que, pour la dominer presque de
la tête comme il le fait, il a dû grimper sur la valise du photographe,
comme ça lui est arrivé de le faire avec l’ancien président Bush (voir ci-dessous).
C’est peut-être, après tout, la crainte de tomber de la valise sous la
pression de son épouse, qui lui donne cette allure maladroite de
quelqu’un en déséquilibre qui prend appui. La mise en scène d’ "une information volontairement donnée", et donc d’une fiabilité incertaine, n’est en tout cas pas contestable.
La métaphore de l’amour dévorant ou une simple farce ?
En douterait-on encore qu’il reste une incroyable énigme qui la
confirme. A y regarder de près, on se demanderait même s’il s’agit bien
de Mme Sarkozy. Le visage, à l’évidence, est bien le sien mais les
quatre bras qu’elle déploie, étonnent tout de même : ils font penser,
par intericonicité,
à ceux de la déesse Shiva : deux d’entre eux étreignent bien l’époux
mais les deux autres s’emploient à faire autre chose : l’un tient un
sac à main, l’autre paraît avancé pour se retenir à un tronc d’arbre
par exemple, qui sait ?
En viendrait-on dans la stratégie publicitaire présidentielle à livrer des métaphores divines pour l’édification non plus des citoyens, mais des fidèles ? Voyez, dit cette image pieuse, comme Mme Sarkozy est capable de se mettre en quatre en dédoublant ses bras pour témoigner à son époux un amour dévorant. À moins tout simplement que le photographe distrait ou farceur ne se soit assoupi au cours de son laborieux travail de retouches...
Documents joints à cet article
21 avril 2009
Notre forum : Guillon s'excuse des propos de Nicolas Sarkozy
Guillon s'excuse des propos de Nicolas Sarkozy
Vidéo envoyée par franceinter
Retrouvez l'humeur de Stéphane Guillon (lundi, mardi et mercredi à 7h55) et de Didier Porte (le jeudi à 7h55) sur France Inter
04 avril 2009
OH, SHOCKING! La reine et la première dame oublient le protocole à 19h37...
Extrait:
... "Sacrilège ou geste anodin? il existe peu de précédents. Les journaux
britanniques avaient fustigé l'ex-Premier ministre australien Paul
Keating en 1992 pour avoir osé enrouler son bras autour de la reine. Le
dirigeant avait alors été surnommé «le lézard» dans les tabloïds.
Selon le Monde, cet élan d'audace de Michelle Obama aurait coûté à la première dame des Etats-Unis «un regard assassin» de la reine qui aurait même eu «un petit geste de recul» avant de se montrer «indulgente» en «blâmant le décalage horaire».
Le site Internet du magazine Voici parle quant à lui «d'un crime de lèse majesté» qui scandaliserait, tout comme le cadeau offert par les Obama : un ipod, alors que la reine en possédait déjà un.
Pourtant, les images diffusées par la BBC (voir la vidéo) et reprises par plusieurs journaux ne montrent pas une reine choquée. Elisabeth II place elle-même son bras autour de la taille de Michelle Obama.
L'AFP a sa propre version de l'histoire, dans laquelle c'est la reine qui prend les devants et ose un geste de la main envers...Barack Obama. Michelle aurait répliqué en donnant une accolade plus franche à Elizabeth II."...
Mon commentaire: L'avenir du monde en dépend... C'est sûr...
31 mars 2009
HUMOUR : Bientôt un nouvel avion pour Sarko
Un nouvel avion 100 % "bling-bling" pour Sarkozy?
29 mars 2009
Le Queen-Martine en panne de gouvernail
Le Queen-Martine en panne de gouvernail
sur PUZZLE SOCIALISTE
Tropisme imputable à quinze années
de chroniques automobiles, l’image du moteur tournant à vide s’est
d’abord imposée. Le PS serait un quatre-cylindres (les motions A, C, D
et E de Reims) menacé de sur-régime (il court derrière les manifs,
dénonce les atteintes aux libertés, réclame une loi contre les
rémunérations excessives des patrons…) mais qui n’embraierait sur pas
grand’chose. Mais en réalité, ce n’est pas un problème de transmission
qui affecte ce parti. C’est un problème de direction, d’orientation.
D’où l’image, probablement mieux adaptée, du navire en panne de
gouvernail.
Ainsi donc, le paquebot Hollande
(il y eu bien un paquebot France) rouillait à quai dans le port de
Solferino. Depuis le naufrage de 2002, il n’avait jamais pu reprendre
la mer. En novembre, un nouvel équipage a pris les choses en main et le
bâtiment a été rebaptisé Queen Martine. Depuis quelques mois,
une épaisse brume gène la visibilité de toutes les mers de la planète
mais les amarres ont été larguées. Dans la salle des machines, de
grandes pelletées de communiqués du secrétariat national ont été jetées
dans les chaudières médiatiques (ca ne fait pas vraiment avancer le
paquebot mais de belles volutes de fumée s’échappent des cheminées).
Foin de mauvais esprit : un contre-plan de relance a été élaboré, les
manifs n’ont plus été désertées, un Laboratoire des idées a été
constitué, le contact radio avec les socialistes européen a été rétabli
et un Forum des territoires mis sur pieds. Reste un détail : il y a
quelqu’un à la barre mais il n’y a pas de gouvernail.
En ces te
mps de crise et de désarroi social
– et « sociétal », n’ayons pas peur des grands mots - la fonction de
l’opposition doit être de proposer une autre direction. De Tony Blair à
Barack Obama en passant par Nicolas Sarkozy, ceux qui ont ces dernières
années remporté des élections ont su donner du sens à leur discours
avec un message lisible et des priorités identifiées, hiérarchisées.
Les électeurs avaient le sentiment – sur le moment, au moins…- qu’un
marché clair leur était proposé. Or, les navigateurs socialistes ne
donnent pas le sentiment de chercher à organiser la vitrine politique
du PS. « Mettre le parti au travail » est une condition nécessaire. Il semble que ce slogan soit devenu une fin en soi.
Prenez l’énoncé des « priorités pour l’Europe »
du texte intitulé – humour involontaire ? – « Donner une nouvelle
direction à l’Europe » du PS. Ce document est tellement
multidirectionnel qu’il ne veut pratiquement plus rien dire. « La
protection et le développement de ses industries traditionnelles
doivent figurer parmi les priorités de l’Europe au même tire que
l’investissement dans l’économie verte, les industries de pointe et les
services à haute valeur ajoutée » peut-on lire. Traduction : on va
faire un peu de tout. Un grand emprunt européen pourrait-il régler le
problème ? N’y pensons pas ; il est des Etats (la Grèce mais aussi le
Royaume-Uni) qui ne parviennent même plus à trouver preneurs pour leurs
bons du Trésor. Pour le reste, le contre-plan de relance ressemble au
Bottin, le Livre noir à un inventaire et les propositions sur la
croissance verte tiennent de la pétition de principe. Tout cela
engendre un effet Gloubi-Boulga du pire effet. Quelles sont les
priorités du PS ? A cette question, on peut répondre tout aussi
valablement par une logorrhée sans fin ou par un silence gêné.
Les officiers de quart du paquebot HMS Queen Martine
rétorquent que le navire n’a quitté le quai que depuis trois mois et
que la traversée durera jusqu’en 2012. Il faudrait donc songer à
souquer en cadence plutôt que de se plaindre du menu de la cantine qui
ne serait pas assez bio ou manquerait de sel. Reste que le cap des 100
jours vient d’être franchi et que de cap, justement, on ne voit guère
s’en dessiner. Sans compter que la croisière ne s’amuse pas tellement…
Jean-Michel Normand
28 mars 2009
Assemblée générale de D.A.: Message de Najat Belgacem
Bonjour à tous,
Quelques mots pour vous dire à mon tour mon grand regret de ne pas être à vos cotés demain à l'Assemblée générale de DA. Je serai retenue sur Lyon où j'organise, dans le cadre de mes fonctions d'adjointe à la Ville de Lyon, une journée de reflexion nationale sur la politique de la jeunesse en ces temps de crise, de diète et de commission Hirsch qui redécouvre soudain les vertus des emplois aidés... Gerard Nicolas représentera le Rhône avec le talent qu'on lui connait.
Si j'avais pu être à vos cotés, j'aurais sans doute commencé par vous expliquer mon positionnement auprés d'autres sur la composition des listes europeennes au parti socialiste. Je sais bien que cela a pu troubler certains d'entre vous qui n'ont pas hésité à m'appeler. Je vous aurais dit mon malaise face à une méthode qui a fait la part belle aux etats-majors, aux petits arrangements entre amis, sur un coin de table, dans le plus grand mépris des élus locaux qui font tout le boulot par ailleurs; mon malaise face à un Parti socialiste qui fait semblant de consulter les militants sur des pseudo-votes de « validation » où il n’y a rien à décider. Il me semblait impossible de laisser passer une telle méthode sans marquer le coup, ç'aurait été une trahison à l’égard de toutes les idées que nous avons défendues avec la motion E à Reims. C’est tout cela que j’ai voulu dire, et à quoi je veux rester fidèle, bien plus qu’une question de soutien à telle ou telle personne. Je suis d’autant plus à l’aise sur ce sujet que j'ai toujours dit qu'une fois le vote advenu, je serai la première à faire campagne pour nos candidats sans aucune réserve.
Je vous aurais sans doute dit un mot aussi de ma perception des courants puisque l'inévitable question est celle de leur survie. Dans le fond, je suis comme tout le monde, les courants, les motions, les alliances, les clubs, la pesée permanente des uns et des autres pour savoir qui représente quoi, je m’en fiche un peu. Je n’ai jamais jugé de la valeur d’un homme ou d’une femme politique au trébuchet de son appartenance à un courant, ou à la taille de ses troupes. Se retrouver derrière quelqu’un, l’aider, l’accompagner, lui être fidèle, lui permettre d’aller jusqu’au bout d’une ambition qu’on partage, ça oui, ça peut avoir du sens. C'est ce que je fais, c'est ce que DA fait, auprés de Ségolène Royal. A partir de là, il faut bien s’organiser, mais c’est tout. La seule solution pour que la démocratie vive dans ce parti, c’est la parole et le pouvoir aux militants mais si, et seulement si, ils sont suffisamment nombreux et représentatifs de la diversité française, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si on regarde bien d'ailleurs, la fameuse motion E, était une motion anti-motion, anti-courant, qui proposait un autre fonctionnement pour le parti. Nous aurions voulu obtenir ce résultat de rénovation par les urnes, proprement : je crois que le résultat sera le même au final, mais par un processus de décomposition un peu plus lent, un peu plus douloureux. C’est tout. Reims a été l’apogée de tout ça : tout le monde a construit son courant, sa motion, son alliance pour battre le mouvement qui se structurait derrière Segolène Royal. ça a marché, mais pour quelques mois. On verra bien que ça donnera, mais Ségolène Royal à mon avis n’est pas vraiment concernée par tout ça. Elle est un peu ailleurs, un peu au dessus de tout cela.
Pour moi, Ségolène, c'est l’opposante à Sarkozy que les Français écoutent : toutes ses déclarations le montrent, heureusement qu’elle est là à 100% de son temps pour faire ce travail pendant que d’autres, c’est une nécessité par ailleurs, font de la politique à un niveau qui intéresse moins les Français. Elle le fait à sa manière, complémentaire de ce que fait Martine Aubry, avec la légitimité qui est la sienne et que personne ne peut lui enlever : celle de l’ex candidate face à Sarkozy, qui a mené presque seule la bataille contre lui. En le faisant, elle est clairement DANS le Parti socialiste, et veut travailler avec sa direction. Mais elle excède le seul parti. Sa différence c'est sa vision et son ambition qui vont au-delà du seul Parti Socialiste ; elle l'a toujours dit, toujours assumé en particulier avec Désirs d’avenir.
Aujourd’hui, il y a ceux dont le rôle est de rassembler les socialistes et les mettre en ordre de marche, ils le font avec plus ou moins de succés. Et il y a Ségolène Royal qui peut aller au-delà, avec sa liberté, sa personnalité, ses idées, sa façon de faire les choses qui doit déjà convaincre au-delà, montrer chaque jour qu’une alternative à gauche est possible, en élargissant les frontières, en créant un espace des possibles capable de séduire une majorité de Français, quelle que soit leur famille politique aujourd’hui. C’est un rôle qui sert le PS, en l’ouvrant sur l’extérieur et en allant chercher des idées nouvelles, libéré peut-être des certaines « pesanteurs » internes qui ralentissent l’action, les réflexions, les propositions.
Reste pour ses partisans entrés à la direction du PS à y défendre une vraie différence: le fonctionnement du Parti. Nous admettons avoir perdu le Congrès : mais nous continuons à faire valoir nos idées sur plus de démocratie interne, plus de respect des militants, plus de débats et de dialogue, plus de nouveaux militants en espérant qu'à terme notre grande et belle idée d'une primaire pour la designation des candidats à la présidentielle puisse l'emporter, c'est la condition de notre réussite. C'est la condition pour que les militants socialistes et plus généralement tous les sympathisants ne se fassent pas voler leur droit à choisir le candidat de la gauche à la prochaine élection presidentielle; C'est la condition enfin pour que ce ou cette candidate ne se retrouve pas comme en 2007 à faire campagne d'abord contre son propre camp. Ce combat là c'est le combat n° 1 de Désirs d'avenir.
Pour ma part, avec un beau secretariat national consacré aux questions de societé, et donc aux valeurs qui la sous-tendent, j'escompte faire entendre ma propre voix: ni entrisme ni dissidence ni emprisonnement, je compte garder ma liberté et faire entrer un peu de l'esprit de Désirs d'avenir dans la direction qui en a tant besoin.
Je profite de ce message, moi qui intervient trop rarement dans ces échanges, mais qui les lit toujours avec appétit, pour remercier les animateurs de DA qui redonnent confiance dans la politique. Je n'ai pas encore trouvé d'espace dans lequel la discussion , les échanges et la construction soient mieux menés, c'est sans doute grace au travail exceptionnel de médiation accompli tous les jours par Fabien Pierre Nicolas et Jean Pierre Mignard.
Segolène Royal nous a fait l'honneur avec Delphine Batho de nous désigner portes parole de ses positions, je conçois aussi ce rôle comme étant au service de Désirs d'avenir.
Amitiés à vous tous,
Najat VALLAUD BELKACEM
26 mars 2009
HUMOUR: A St Quentin, un touriste s’indigne des parachutes dorés

Le développement du tourisme de masse s’étend désormais à des régions jusqu’ici boudées par la curiosité des vacanciers. C’est ainsi qu’hier les habitants de St Quentin dans l’Aisne ont pu assister à l’arrivée massive de véhicules immatriculés à Paris dans les rues de leur commune.
Un rebelle
Parmi les occupants, un touriste particulièrement révolté par la conjoncture actuelle s’est permis une incursion dans la réunion du conseil municipal. Accaparant le micro réservé aux intervenants locaux, celui-ci s’est insurgé avec vigueur contre l’attribution de primes de départ exorbitantes versées aux grands patrons de l’industrie. Selon ce résident de la république, en temps de crise, ces parachutes dorés sont de véritables scandales auxquels un gouvernement digne de ce nom doit mettre en terme en légiférant sur le sujet.
Au terme d’une prise de parole d’une heure et demie, ce drôle de touriste est remonté dans son véhicule et est rentré dans la capitale. Les St Quentinois espèrent que son appel sera entendu.
Par lislesnews
24 mars 2009
Sous le noisetier : Peuple... médiocrité?
Sarkozy a (encore) besoin de vacances
Après son exercice de «francé» hasardeux au cours de sa visite chez Alstom dans le Doubs, le président de la République s'est encore lâché à Bruxelles devant la presse étrangère en se vantant d'être le co-prince d'Andorre!
Nicolas Sarkozy, chez Alstom, à Ornans
par Mediapart
Est-ce la crise ? Nicolas Sarkozy semble avoir encore lâché les
élastiques, succombant chaque jour un peu plus aux charmes de la
médiocrité linguistique, convaincu sans doute par quelques andouilles
prodigues en conseils en communication, que le parler peuple lui
ramènera les suffrages de celui-ci.
Cette
semaine dans le Doubs, lors d’une rencontre avec les salariés d’Alstom,
le président qui n’avait déjà pas la sympathie des puristes du verbe a
encore franchi un cap, abusant plus que de raison du parler « popu ».
Tombant
dans des abysses linguistiques qui en disent long sur ses capacités
d’acteur ou sur l’étendue de son ignorance voire, plus inquiétant, sur
l’état de fatigue de l’intéressé. Tenant son micro d'une main de
rocker, Sarko a lâché quelques perles : « Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts… », « j’préfère qu’vous savez qu’vous soyez avec un actionnaire que vous connaissez ici…», «
franchement moi ch’uis profondément européen mais ça me fait quand même
bien plaisir que ce soit Alstom qui ramasse des marchés à la pelle
plutôt que Siemens ou Mitsubishi » ou encore « On se demande c’est à quoi ça leur a servi ? ».
Peuple synonyme de médiocrité ?
S’en prenant à « ceux qu’ont fait des études », multipliant les prophéties obscures «
comme y’aura l’allongement de la durée de la vie, y’aura de plus en
plus de gens qui voudront partir faire des tours en croisière » ou les tirades métaphysiques dignes d’un Jean-Claude Van Damme en pleine forme : « l’écologie c’est pas qu’y est que des jardins et plus de boulot pour vos enfants et pour vous ». A sa décharge, Van Damme avait l’excuse de l’ignorance.
Alors
qu'à trop forcer sa nature –rappelons que Sarkozy a fait profession
d’avocat et est né à Neuilly-, Sarko confond « peuple » et
« médiocrité ». Un indice caractéristique de toute sa politique.(...)
21 mars 2009
Posez vos questions à Ségolène Royal, sur Daily motion, jusqu'au 25 Mars 09
Ségolène Royal sera le 27, 28, 29 Mars l'invitée spéciale de Dailymotion. Elle invite les internautes à lui poser des questions dans une vaste consultation participative. profitez-en!
Posez vos questions à Ségolène Royal, c'est le moment : utilisez votre webcam, votre téléphone
portable ou votre caméra, enregistrez votre question et postez là sur
ce groupe !
Vous pouvez envoyer votre question jusqu'au mercredi 25 mars.
http://www.lepost.fr/article/2009/03/18/1462209_segolene-royal-revolutionne-dailymotion_1_0_1.html
Pour le faire c'est très simple:
Comment poser une question à Ségolène Royal? Durée 4'28. Envoyée par segolene-royal.
Le site:
http://www.dailymotion.com/group/questions
Le 19 Mars à Nice
Quelques images et clips, l'un dans l'autre...
Une perspective???
11 mars 2009
SOUS LE NOISETIER : Libertés publiques: pour le PS, «la République est en danger»
L'autre visage de la France d'après.» Cette phrase singeant le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy introduit «La France en libertés surveillées», première mobilisation d'envergure du parti socialiste de l'ère Aubry. Après un contre-plan de relance à l'audience relative et un positionnement brouillon sur la grève antillaise, et alors qu'il est traversé par de nouvelles querelles intestines avant les élections européennes, le PS a présenté, mercredi 11 mars, son «livre noir» des libertés publiques sous la présidence Sarkozy.
Un document dont la confidentialité a été sévèrement préservée jusque-là (malgré un bogue informatique), au point que le sénateur "royaliste" David Assouline a protesté, mardi 10 mars, au soir, devant le bureau national, regrettant que les proches de Ségolène Royal n'aient pu avoir voix au(x) chapitre(s). Au total, ils sont neuf secrétaires nationaux à avoir participé à sa rédaction, coordonnés par la responsable aux libertés publiques et à la justice du parti, Marie-Pierre de la Gontrie: Pouria Amirshahi, Patrick Bloche, Bruno Julliard, Mireille Le Corre, Sandrine Mazetier, Christian Paul, Marisol Touraine et Jean-Jacques Urvoas. Et à midi ce mercredi, un site internet spécialement dédié a été officiellement mis en ligne.
![]()
Ce livre noir (166 pages, dos carré et couverture glacée, PDF disponible en cliquant ici, 7.000 exemplaires distribuées) dresse un bilan inquiétant des atteintes liberticides depuis deux ans et l'élection de Sarkozy. Conclu par une chronologie de 17 pages, il s'ouvre par un édito de Martine Abry et une synthèse qui dénonce «la généralisation du traitement répressif de la précarité» ou «l'usage médiatique et émotionnel d'événements exceptionnel ou tragique».
On y lit aussi que «rien ne peut justifier un recul des libertés publiques dans une démocratie moderne, pas même en situation de crise comme celle que nous traversons». En conclusion, un constat sévère: «C'est donc bien l'impossibilité pour chaque citoyen de s'émanciper, de rompre avec les inégalités de destin et, plus largement, de "faire société", qui est contestée par les évolutions à l'œuvre sous l'égide de Nicolas Sarkozy.» (...)
09 mars 2009
SOUS LE NOISETIER: Quand Obama bouscule tous les lobbys
| Extraits: |
| Sur fond de crise, le président américain présente un budget en rupture totale avec ceux de ses prédécesseurs. |
|
La dernière semaine de février a été bien remplie pour Barack Obama. Le
23 février, il a orchestré une réunion budgétaire de la majorité et de
l’opposition, au cours de laquelle il s’est engagé à réduire le déficit
de moitié d’ici la fin de son premier mandat. Le lendemain, il s’est
adressé pour la première fois aux deux chambres du Congrès et a promis
au pays : “Nous nous relèverons, nous reconstruirons.”
Le 26, il a présenté un budget qui prévoit de redistribuer les
richesses, de soigner les malades et de sauver la planète. Le 27, il a
mis fin à la guerre. Le 28, il a lancé un défi aux groupes d’intérêts
et aux lobbyistes. Et le septième jour, il s’est reposé.
Au cours d’une présidence normale, l’une ou l’autre de ces entreprises paraîtrait déjà courageuse. Mais s’attaquer à toutes en même temps, c’est faire preuve d’une ambition qui frise la témérité. Les proclamer toutes en l’espace d’une semaine, c’est manifester quelque chose qui se situe entre l’audace de l’espérance et la pugnacité de l’orgueil. Reste que nous ne sommes pas en présence d’une présidence normale, fonction non seulement de l’homme en place, mais de l’époque que nous traversons. “Il ne faut jamais gaspiller une crise grave”, a assuré Rahm Emanuel, son chef de cabinet, aux journalistes pendant la campagne. Et grave, cette crise l’est. Les comparaisons avec les années 1930 sont prématurées, mais chaque nouvelle statistique nous en rapproche. En février, la Bourse a connu son pire mois depuis soixante-seize ans, et le PIB a enregistré sa plus forte contraction depuis 1982. Et le chômage était au plus haut en Californie depuis 1983. Le surcroît d’activité du président est le signe que le gouvernement Obama s’efforce de profiter de l’instant. Ce faisant, il fait à la fois la preuve de son potentiel sur le plan intérieur et de ses limites sur le plan international. Au niveau national, Barack Obama s’est engagé à mettre en place un budget totalement différent, qui marque une rupture décisive avec plus d’une génération de politique néolibérale. L’idée que les impôts peuvent aussi bien augmenter que baisser, que le gouvernement a la capacité et le devoir d’intervenir, et que la lutte contre les inégalités est une valeur morale remet en question les principes fondamentaux qui ont dominé la culture politique à Washington depuis presque trente ans. A l’étranger, ses plans ne constituent pas tant une rupture qu’une réparation de celle causée par George Bush. Sa promesse de faire rentrer d’Irak toutes les unités de combat d’ici à août 2010 met fin à six ans d’une folie meurtrière qui a profondément divisé les Etats-Unis. Paradoxalement, sachant de quelle façon controversée elle a été menée, la fin de la guerre n’a guère suscité de tintamarre ni de critiques. Il en va tout autrement du budget d’Obama. Ses éléments les plus symboliques incluent une augmentation des impôts pour les familles gagnant plus de 250 000 dollars [198 000 euros] par an, l’introduction d’une couverture santé universelle, un marché du carbone concernant l’ensemble de l’économie, et des bourses pour les élèves issus de familles à faibles revenus. En bref, il a pour but de répondre aux inégalités croissantes de la société américaine. (...) Lors de son discours hebdomadaire, Obama n’a pas caché qu’il était conscient des enjeux. Les lobbyistes et les groupes d’intérêts “se préparent au combat au moment même où nous parlons, a déclaré le président. Alors, voici le message que je leur adresse : moi aussi.” Oui, la semaine a été dense. Quant aux prochaines, elles risquent d’être encore plus dures. Lire la suite (abonnés du COURRIER INTERNATIONAL) |
06 mars 2009
HUMOUR (pas sûr... ) Delanoë déprime, Collomb déballe et Ségolène compte les points.
Un peu de publicité nous a été consacrée par LCI, mercredi 4 mars, il était 21:40
(Source: LCI / Envoyé par LePost sur wat.tv)
Un sympathique journaliste m'a interviewé et trafiqué ma voix, à ma demande, pour que l'on ne me reconnaisse pas. En regardant le fruit de leur travail j'ai pensé que ça ne va vraiment plus au PS.
Et au moment où j'allais me coucher, bing, clic, je reçois un mail reprenant un texte de Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon, un caïd de chez caïd, dont l'objet était:
Waouw!! Et on dit que je suis dur ??
Pour celles et ceux qui ne sauraient pas, le 12 mars prochain, la semaine prochaine, les militantes et militants du PS sont appelés à voter pour leur liste régionale (il y a huit régions) de candidates et candidats aux Européennes prochaines.
Il apparaît d'ailleurs que, pour l'instant (je ne doute pas qu'il s'agit d'une innocente bévue qui sera vite rattrapée), il n'y a que des bulletins OUI qui sont prévus. On ne pourra pas voter NON. On ne pourra que voter OUI (entendu: je suis d'accord) ou s'abstenir.
Autre détail: on vote pour une liste sans pouvoir la modifier, biffer le nom d'un membre de la liste, etc, etc. C'est ce qu'on appelle la démocratie de parti. Quand je vous dis que c'est l'Albanie du regretté Enver Hoxha!
Mais mieux encore, pour celles et ceux qui goûtent la dissection in
vivo, je recommande, ça fait deux fois dans ce post, la lecture du blog du susnommé Gérard Collomb
Il est marrant Gégé! Il relate la minable cuisine des listes aux européennes, telle qu'il la vécue rue de Solférino. On peut dire qu'il regrette de ne pas y figurer mais ça ne change rien à ce qu'il narre: le processus.
Décryptons. Depuis plusieurs mois ça discutaille ferme à Solfé.
Pas facile. Butter Ségolène,
aspirer ces alliés, les neutraliser, gagner les européennes en faisant
plus de 20% et que Martine soit ZE leadératrice rapidement en orbite
pour 2012, présidentielle. Il faut donc aussi veiller à affaiblir François Hollande, qui jouit de l'énorme affection de la majorité des permanents de Solfé qui sont convaincus qu'il sera le candidat idéal 2012.
On ne s'ennuie pas.
Il y avait Delanoë mais on n'y croit plus. De toutes
manières tout le monde dit qu'il est en dépression et même si ce n'est
pas vrai, on s'en fout, il est rentré de ses vacances à Bizerte l'autre
jour, et même bronzé on le trouve déprimé, il n'y a rien à faire.
Il y a aussi le cas Benoît Hamon, assez drôle.
Il s'y voyait en grand "est-ce que Benoît c'est pas notre Obama?" interrogeaient certains louveteaux et Martine n'arrête pas de le tacler.
On pense vraiment à ce qu'a écrit Ségolène dans son dernier bouquin "pour Martine je suis et serai toujours sa sous-ministre".
Et bien Hamon est et sera toujours son "conseiller technique" de quand
elle était ministre de Lionel Jospin. Il ne supporte pas. Je me demande
s'il ne nous prépare pas un petit coup de calcaire...
Et puis il y a Ségolène Royal. J'avoue humblement qu'elle m'épate.
Je crois qu'elle organise carrément sa mise à l'écart du parti, en tout cas de son appareil.
1/
Elle n'est candidate à rien d'autre qu'à sa région, personne n'osera
l'y affronter, elle en fait d'ailleurs un terrain de propositions et
d'actions politiques assez nouvelles qu'on ferait bien de regarder de
plus près.
2/ Elle ne soutient pas beaucoup les luttes de ses affidés au sein de
l'appareil pour s'imposer dans des listes, des postes, des machins,
elle n'a jamais aimé ça de toutes manières.
Ségolène pense sans doute qu'elle ne doit pas s'approcher trop du parti et encore moins de ses cuisines car elle risquerait de griller une part de la légitimité qu'elle est convaincue d'avoir pour représenter l'opposition de gauche en 2012.
Un de nos meilleurs atoûts est donc aux marges du parti; nous pensons l'y maintenir mais c'est elle qui nous a poussé à l'y placer.
Elle transforme la périphérie en centre. C'est assez fort.
Par calcul? Je me le demande.
04 mars 2009
Élie Wiesel, un prix Nobel de la Paix qui fait l’éloge de la torture ?
M. Élie Wiesel, prix Nobel de la Paix, souvent présenté comme une conscience de notre temps, n’y est pas allé de main morte. Il a littéralement voué aux gémonies M. Bernard Madoff : « Psychopathe est un mot trop gentil pour le qualifier, aurait-il déclaré, selon l’AFP, citant « le New York Post » de vendredi 27 février 2008. Il devrait être placé à l’isolement pendant au moins cinq ans avec un écran sur lequel seraient diffusées des photos de ses victimes [...] Il faudrait inventer n’importe quoi pour le faire souffrir (...) Il devrait être présenté à des juges qui trouveraient un châtiment ».
Un éloge inattendu de la torture
Comme tant d’autres gens fortunés, M. Wiesel avait confié la fortune de sa fondation – 15 millions de dollars, dit-on – entre les doigts de fée de M. Madoff. Celui-ci versait par magie, en effet, à ses clients des dividendes défiant toute concurrence sur le marché. Le miracle résultait d’un système de cavalerie bancaire, dit « pyramide de Ponzi », du nom d’un certain Charles Ponzi, un Italo-Américain des années 1920 qui s’était illustré dans ce type d’ escroquerie. La technique consiste en gros à rétribuer les anciens déposants avec les dépôts des nouveaux, sans avoir à attendre un retour sur un investissement qu’on n’effectue évidemment pas.
On reste toutefois surpris de la violence des propos de M. Wiesel, une
personnalité dont les campagnes de promotion de ses innombrables livres
dans les médias emmenaient jusqu’ici ses lecteurs ou auditeurs dans la
stratosphère de la spiritualité, bien loin des triviales préoccupations
financières terrestres : « J’ai un penchant pour le mysticisme »,
confiait-il encore récemment au Nouvel Observateur, le 23 octobre 2008,
lors de sa tournée de promotion de son dernier ouvrage. Or, le sort
qu’il rêverait de réserver à M. Madoff ne ressemble-t-il pas à un éloge
de la torture ?
(...)
Lire l'article
25 février 2009
Après DSK, Guillon se paie Apathie
Sur "fluctuat"
Posté par Easywriter le 24.02.09 à 11:50 | tags : medias et politique, humour
Episode 1 : le mardi 17 février, Dominique Strauss-Kahn est l'invité de la matinale de France Inter. Dans sa chronique, l'humoriste Stéphane Guillon détaille les mesures de sécurité mises en place pour le personnel féminin de la station.
Episode 2 : sur son blog Jean-Michel Aphatie s'insurge (l'orthographe est "d'origine") : "La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. Il ne joue pas avec les mots, ne les mélangent pas, ne les triturent pas. Il n’est pas non plus dans le non sens, ou l’ironie. Non, il est tout simplement méchant".
Episode 3: Triturer les mots ? Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des problèmes d'élocution, et puis tu pues de la gueule, répond le comique :
Episode 4 (et fin ?) : Apathie éprouve de la honte compassionnelle pour le chroniqueur de France Inter
23 février 2009
HUMOUR : DSK « dynamité » par Stéphane Guillon sur France Inter, « façon puzzle » : méchanceté ou critique légitime ?
Article de Paul VILLACH sur AGORAVOX
On
l’avoue, on a jubilé, mardi 17 février 2008, en écoutant sur "France
Inter" Stéphane Guillon tourner DSK en ridicule. On a même pris plaisir
à le réécouter plusieurs fois sur Internet. Il ne l’a pas
volé, trépignait-on intérieurement à chaque salve dévastatrice lancée
par l’humoriste. On s’est même surpris à mêler son éclat de rire aux
deux coups de sirène censée retentir en cas de danger de rut imminent.
DSK, évidemment, n’a pas goûté la plaisanterie, on le comprend. Il a usé habilement du leurre de la vaccine qui admet un peu de mal pour susciter le rejet de la thèse de l’adversaire : concédant que les responsables politiques pouvaient ou même devaient faire l’objet de critiques, il a estimé que « l’humour, c’est pas drôle quand c’est principalement de la méchanceté… » À y regarder de près, pourtant, Stéphane Guillon a-t-il été méchant ?
La leçon de Molière
Quand on est la risée des autres, on les trouve forcément méchants. Précieuses ridicules, médecins charlatans, barbons épris de jeunes filles et hypocrites bigots, les cibles de Molière, on s’en doute, n’appréciaient pas ses charges. « C’est une grande atteinte aux vices que de les exposer à la risée de tout le monde, écrit-il dans la préface de « Tartuffe », comédie qui a même été interdite en 1664 sous la pression des dévots. On souffre aisément des répréhensions, poursuit-il ; mais on ne souffre point la raillerie. On veut bien être méchant, mais on ne veut point être ridicule. »
Qu’a fait d’autre Stéphane Guillon que d’user du comique de farce dont la particularité est de grossir le trait jusqu’à l’absurde pour faire ressortir le vice dénoncé ? L’acteur Olivier Perrin l’avait devancé, le 25 octobre 2008, dans un gag de même veine : filmé en caméra caché comme agent des renseignements généraux, il avait « fait le trottoir » dans Paris pour inviter les passantes de tous âges à plus de prudence vestimentaire, parce que DSK, réputé « très chaud », était de passage dans le coin.
Le président du FMI, il faut le reconnaître, a été assez léger : n’a-t-il pas donné des verges pour se faire battre ? Que n’a-t-il réfléchi avant de se glisser dans le rôle du héros de vaudeville le plus trivial dont l’argument traditionnel est le cocuage ? Sans doute était-il sûr de son coup : il ne pensait pas que son aventure avec une employée hongroise du FMI serait divulguée et défraierait la chronique en octobre 2008 (1).
La farce désopilante de Stéphane Guillon
Dans la bonne tradition de la farce qui ne fixe à ses déformations de la réalité d’autres limites que celles du rire à déclencher, Stéphane Guillon a donc imaginé un plan de sauvetage délirant du personnel féminin de France-Inter au cas où DSK ne résisterait pas à ses pulsions tyranniques. Il a accumulé les consignes les plus absurdes et hilarantes : tenue vestimentaire stricte jusqu’au port de la burqa, lieux retirés condamnés, caméra sur et sous la table, sirène d’alerte en dernier recours avec mise en lieu sûr à d’autres étages des femmes menacées, en cas de passage à l’acte redouté.
Des jeux de mots, dans ce contexte, rendaient même les termes les plus
anodins sulfureux par simple allusion à l’une de leurs possibles
acceptions : dire seulement par exemple que DSK allait « pénétrer » dans le studio, campait déjà le personnage dans ses oeuvres. Il ne pouvait non plus être question de parler de l’émoi « au sein de » la rédaction sans paraître provocant, l’innocente préposition passant pour une évocation sexuelle !
La distorsion entre ce qui est ainsi imaginé et ce qui devrait être,
est si forte, que seul l’éclat de rire peut détendre le ressort et
remettre les choses en place.
Nul ne songe, bien sûr, à imputer à DSK une conduite aussi intempérante que, par métonymie, laissent croire les mesures préventives loufoques énumérées par Stéphane Guillon. Mais, c’est vrai, son absence de contrôle sexuel est clouée férocement au pilori dans ce luxe de précautions prescrites par l’humoriste. Celui-ci a, toutefois, à l’avantage de DSK, établi un parallèle avec une de ses récentes victimes, M. Kouchner : il lui a reconnu, en effet, l’ honnêteté de n’avoir pas fui ses responsabilités et de n’être pas venu devant l’Assemblée nationale jouer la victime d’une attaque calomnieuse en opposant à tort et honteusement le leurre de diversion de « l’antisémitisme ».
Un manque de courtoisie de France Inter ?
Il reste qu’on peut tout de même se demander si France-Inter est sans reproches. En acceptant d’ accueillir DSK - par contrainte ou à son initiative -, la station ne devait-elle pas se soumettre aux usages de la courtoisie ? On ne reçoit pas un invité pour l’humilier et le discréditer. Ne lui fallai-il pas choisir entre faire la critique de DSK sans quartier ou l’accueillir ? On objectera cependant avec raison qu’une station de radio publique n’obéit pas aux règles de réception individuelle, sauf à se condamner à faire l’hagiographie de ses invités, en d’autres termes, à leur cirer les pompes pour assurer leur promotion.
Il semble, tout compte fait, que DSK ne peut que s’en prendre à lui-même. Ces gens à qui un standing de vie princier déraisonnable fait croire à une sorte de statut de surhumanité intouchable, veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, c’est-à-dire des places, les privilèges qui s’y attachent et dont ils peuvent abuser jusqu’au droit de cuissage, et en plus la considération populaire. Encore faudrait-il qu’ils en fussent dignes ! DSK doit maintenant savoir à quoi s’en tenir, à défaut de se corriger si tant est que la comédie puisse châtier les mœurs en riant. « Castigat ridendo mores », dit-on. Paul Villach
(1) Paul Villach, « Une couverture digne de VSD : le fou rire indigne des époux Strauss-Kahn-Sinclair », AGORAVOX, 27 octobre 2008.








